Le monde de l’eau exprime de vives inquiétudes face aux orientations prises par le gouvernement à la suite de la nouvelle crise agricole. Les interpellations au gouvernement se multiplient. Ambiance.
En janvier dernier, le Carrefour des gestions locales de l’eau de Rennes, grand rendez-vous national des acteurs de l’eau, a accueilli les fortes préoccupations exprimées par des élus et des représentants associatifs à la suite de l’annonce par le Premier ministre d’un moratoire sur l’eau à venir. Cette annonce de M. Lecornu, faite dans le prolongement de la nouvelle crise agricole, a été perçue comme une remise en cause de la gouvernance locale de l’eau. Début février, ce sont les présidents des Comités de bassin qui, à leur tour, ont fait part de leurs vives inquiétudes au Premier ministre concernant les orientations retenues en matière de politique de l’eau.
Les présidents des Comités de bassin interpellent le gouvernement
Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu, les présidents rappellent la place centrale des Comités de bassin dans la gouvernance de l’eau et dans l’exercice de la démocratie locale. Ils soulignent la pertinence éprouvée de l’échelle hydrographique pour garantir une gouvernance de l’eau lisible, réactive et responsable, en prise avec les réalités territoriales.

Le 6 février, les présidents des Comités de bassin ont interpellé le gouvernement sur la gouvernance locale de l’eau et la pérennité financière des politiques de gestion de la ressource.
Alors que le Premier ministre s’est affiché, à son arrivée à Matignon, comme un partisan de la décentralisation, les présidents des Comités de bassin l’invitent à traduire cette ambition en actes. Ils plaident pour une décentralisation pleinement assumée, qui confierait aux élus locaux, au-delà du pilotage stratégique, un véritable pilotage budgétaire de la politique de gestion de l’eau.
À travers trois propositions, ils avancent des pistes concrètes en faveur d’une politique de l’eau plus responsable, mieux alignée avec les enjeux du changement climatique et de santé publique, et visant à conforter la place des instances locales de gouvernance de l’eau dans une logique de décentralisation. Ces propositions, assorties d’une demande de sécurisation et de modernisation des financements, ont été présentées au Comité national de l’eau lors de sa séance du 11 février. Séance au cours de laquelle l’instance nationale a, à son tour, formulé de vives critiques à l’égard de l’action gouvernementale, pointant notamment l’insuffisance de l’avancement des politiques de protection des captages, qui nécessitent, selon elle, des orientations claires et des moyens financiers à la hauteur des enjeux.