2025 | NOTICE, PROJET DE RECHERCHE
Face à la raréfaction de la ressource en eau, l’utilisation d’eau dans les bâtiments existants doit être optimisée : ce parc représentera 70 à 80 % du bâti en 2050, donc les efforts sur le neuf ne suffiront pas. Lauréat de l’appel à projets France 2030 Innov’Eau opéré par l’Ademe, le projet de recherche-action SobriEau expérimente, sur trois territoires démonstrateurs, des solutions techniques, sociales et territoriales pour rendre le bâti existant et ses utilisateur.ices sobres en eau.
Porté par AgroParisTech Innovation, l’École Nationale des Ponts et Chaussées et le Cerema, SobriEau (2025-2029) vise à réduire au maximum l’utilisation d’eau dans les bâtiments existants.
Le projet s’inscrit dans un contexte marqué notamment par le Plan Eau 2023 et le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique 2024. Le projet propose d’expérimenter des objectifs plus ambitieux que ceux posés par le cadre national actuel. Il s’inspire des politiques de rénovation énergétique, notamment des dynamiques de rénovation performante et propose un triptyque de leviers d’actions par ordre de priorité : sobriété d’abord, ensuite efficacité, puis une fois les volumes d’eau considérablement réduits, activation possible de leviers de circularité et/ou substitution.
Trois collectivités pilotes sont partenaires : Angers Loire Métropole, La Communauté d’Agglomération de La Rochelle et Valence Romans Agglomération. Sur ces territoires, 60 bâtiments démonstrateurs de nature très variée sont sélectionnés pour tester et évaluer les solutions avant un possible passage à l’échelle : logements, bureaux, établissements d’enseignement, équipements sportifs, sociaux et culturels, port de plaisance, etc.
Le projet SobriEau poursuit plusieurs objectifs : réduire au maximum l’utilisation de l’eau des bâtiments existants et leurs parcelles ; mettre à disposition un outil d’audit hydrique combinant analyse technique et analyse des pratiques des utilisateur.ices ; accompagner les changements de pratiques pour pérenniser les économies et éviter l’effet rebond ; dresser un état des lieux des solutions hydroéconomes, y compris low-tech ; proposer des pistes concrètes d’organisation et de modèle économique viable et pérennes pour les services d’eau et d’assainissement compatible avec un niveau ambitieux de sobriété, et intégrant notamment la circularité des nutriments.
SobriEau hiérarchise les leviers d’action en adaptant le triptyque négaWatt à l’eau : sobriété, efficacité, puis circularité et substitution. La démarche consiste à interroger les besoins à l’origine de chaque utilisation d’eau, avant d’envisager équipements et alternatives.
Chaque utilisation est analysée selon 5 niveaux : le besoin initial et sous-jacent (boire, se laver, excréter…), la fonction remplie par l’eau (nettoyer, diluer…), l’activité réalisée (utiliser des toilettes…), le procédé mobilisé (robinet temporisé, WC simple flux…), puis les solutions possibles à chaque niveau (sobriété, efficacité, cricularité/substitution). Cette grille, formalisée sous forme de carte mentale, élargit le champ des solutions au-delà du seul remplacement d’équipement.
L’analyse se déploie à la fois à l’échelle du bâtiment et du territoire, pour esquisser des politiques de sobriété hydrique adaptées. La gestion des eaux pluviales à la parcelle et la viabilité économique des services d’eau et d’assainissement sont aussi prises en compte.
Angers Loire Métropole, La Communauté d’Agglomération de La Rochelle et Valence Romans Agglomération sont partenaires pour expérimenter sur 60 bâtiments pilotes publics et privés, en conditions réelles, les solutions techniques et les démarches d’accompagnement des utilisateur.ices, avant d’envisager un possible passage à l’échelle sur une plus large part du parc bâti existant.
Le projet SobriEau est porté par AgroParisTech Innovation, l’École Nationale des Ponts et Chaussées et le Cerema.
Le projet SobriEau est porté par plusieurs membres du programme de recherche-action OCAPI (LEESU, École Nationale des Ponts et Chaussées), qui étudie depuis 2014 la séparation à la source des urines et matières fécales humaines. Les WC, identifiés par les statistiques disponibles à date comme représentant en moyenne 20 à 30 % de l’utilisation d’eau d’un logement, constituent précisément le terrain d’expérimentation privilégié d’OCAPI : toilettes et urinoirs sans eau, collecte séparée des urines pour valorisation agricole. L’une des spécificités et des raisons d’être du projet SobriEau, comparativement à d’autres démarches d’économies d’eau, et justement de souhaiter aborder plus en détail le sujet tabou des toilettes, pour aller au-delà des solutions d’éco-gestes classiquement mises en œuvre (éco-bag dans la chasse d’eau, installation d’une double chasse…). Les deux démarches partagent une même logique de recherche-action territorialisée, associant démonstrateurs, sciences sociales et accompagnement des usagers
2025 – 2029
Léana MSIKA
Appel à projets Innov’Eau
France 2030, opéré par l’Ademe

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